La musique et moi...

La musique et moi... - Lara Dubreuil

Depuis mes cinq ans, je prends des cours de chant. J’avais commencé par m’initier au piano, puis j’étais passée aux percussions. Ensuite, les instruments à cordes me tentèrent. La basse me plut tellement que j’en voulais une absolument. Cette passion pour la musique me prenait beaucoup de temps en dehors de mon travail. Un jour, alors que j’allais en ville pour acheter une guitare que j'avais vu sur une publicité sur le web, je vis dans une vitrine, la basse que je cherchais depuis longtemps. Bien sûr, je m’étais renseignée sur Internet et j’avais même failli en acheter une récemment. J’avais déjà un amplificateur de son de bonne qualité. Le rendu sonore était excellent lorsque je l’avais essayé avec l’instrument qu’un ami m’avait prêté. Comme je changeais souvent d’avis quant à l’instrument que je préférais, en acquérir un était toujours délicat pour moi.

J’entrais, tout de même, juste pour tenir dans mes mains l’objet de mon désir. C’était une basse faite pour le jazz, qui avait été créée dans les années 1970. C’était celle que tous les bassistes de funk possédaient. Le corps était en bois d’aulne, le manche en érable. Deux micros avec d’excellents aimants donnaient à la musique une magnifique texture. Lorsque je commençais à jouer dessus quelques notes d’un morceau de ma composition, je vis tout de suite la différence avec celle qui me servait pour mon entraînement. Le vendeur m’écoutait. Il me complimenta à la fin du morceau, que je n’avais pu m’empêcher de jouer entièrement. Je me doutais que ce n’était pas ma dextérité qui l’enchantait, mais certainement la vente qu’il voyait venir. Il continua en me montrant une sangle brodée, tout à fait ce qui irait pour une jeune femme.

Je n’arrêtais pas de faire des calculs mentaux sur ce que je possédais encore sur mon compte. Je n’étais pas sûre que cela suffise à régler le montant total. Comme j’hésitais, le commerçant affable me proposa un paiement étalé sur plusieurs mois. Il me précisa qu’aucun intérêt n’était demandé en plus pour ce prêt. Il m’avoua réaliser si peu de ventes, en ce moment, qu’il se demandait s’il n’allait pas fermer sa boutique définitivement, dans un avenir très proche. En regardant autour de moi, je vis toutes sortes d’instruments. Je lui expliquais que j’avais une batterie dont je ne me servais plus et qu’il pourrait me la reprendre. Il était intéressé. Nous avons donc conclu notre marché et je revins pour échanger ma batterie contre ma basse moins d’une heure après.